La violence conjugale se présente au sein du couple (marié ou non) lorsque l’un des partenaires exerce une domination sur l’autre pouvant s’exprimer par des agressions physiques, psychologiques ou sexuelles. Elle peut être évolutive ou circonstancielle. En général, ce sont les femmes qui sont victimes de violence conjugale. Cela n’empêche pourtant pas que certains hommes la subissent aussi. Elle ne peut être repérée que si la personne elle-même en parle. Si vous êtes victime de violence conjugale, adoptez les mesures nécessaires pour y faire face. Des procédures juridiques peuvent être entamés. Alors, comment se protéger en cas de violence conjugale ?

Les différentes formes de violence conjugale

On a tendance à faire référence aux violences physiques lorsque on parle de violence conjugale. Pourtant, elle peuvent prendre différentes formes.
1. La violence verbale
On ne se rend pas compte de l’impact des mots qu’on emploi. La violence verbale se reflète par des insultes, des menaces, des interdictions, des injures et même par le ton que la personne adopte. Elle peut créer des sentiments de peur, d’angoisse, d’intimidation et beaucoup d’autres encore.
2. La violence psychologique
Elle s’exprime par des attitudes visant à faire perdre l’estime de soi à la victime. Et à force d’entendre les mêmes remarques, la femme commence à se refermer sur elle-même et n’ose plus prendre d’initiatives. D’où, une acceptation passive de la situation. Une violence qui conduit jusqu’au suicide.
3. La violence sexuelle
La victime va être forcée à réaliser les fantasmes sexuels de l’autre, que soit avec lui ou avec d’autres personnes. Malgré elle, les relations sexuelles forcées seront fréquentes sous prétexte du devoir conjugal.
4. La violence physique
Cette forme de violence se présente lorsque la victime présente une certaine résistance. Ce sont surtout les hommes qui la pratique, le plus souvent, quand la femme ne se soumet pas à lui.
5. La violence économique
Elle est visible chez les couples où la femme reste au foyer. L’homme contrôle les moindres faits et gestes de sa femme grâce à son argent. La dépendance financière peut être due à une interdiction de travailler de la part de l’homme.

Le cycle de la violence

C’est un cycle mis en place par l’un des partenaires pour maintenir sa domination sur l’autre ou sur la famille. Il fait d’abord appel aux violences considérées comme mineures c’est-à-dire la violence verbale et psychologique. Il essaie d’intimider sa victime pour dissiper toutes formes de résistance. Ensuite, vient l’explosion de l’agresseur, une phase dévastatrice pour la victime. La propre vision de la victime est confuse et elle prend conscience qu’elle n’a aucun contrôle de la situation. La violence physique entre ensuite en scène. Une fois l’acte accompli, l’agresseur cherchera des excuses et essaie de se justifier. Il crée des sentiments de culpabilité chez sa victime encore sous son influence qui d’ailleurs, acceptera facilement les excuses du coupable. Enfin, il va promettre de ne plus jamais recommencer et faire des efforts pour cela. La victime sera convaincue et espère des changements pour une relation plus saine. Mais à un moment le plus inattendu, les mêmes habitudes de l’agresseur reviendront et le cycle reprend de plus belle.

Les démarches à entreprendre en cas de violence conjugale

Si vous êtes victime ou témoin de violence conjugale, vous devez le dénoncer auprès des gendarmes, des travailleurs sociaux ou des associations spécialisées dans la lutte contre la violence conjugale. Chaque pays a son propre numéro vert pour faciliter la démarche auprès des institutions antiviolence conjugale. La victime devra donc consulter un médecin pour faire le constat de son agression. Par la suite, un « certificat médicale de constatation » lui sera donné pour servir de preuve lors des démarches judiciaires ultérieures. Le certificat est accompagné de photo des lésions et blessures physiques ainsi que des traitements adaptés pour les conséquences psychologiques dont souffre la victime. Puis, les témoignages des voisins, des membres de la famille et des ami(e)s seront recueillis. Les témoignages seront manuscrits et le document devra être signé par chaque témoin. Il sera ajouté à l’appui de la déclaration de la victime.
Une fois cette étape passée, la victime peut porter plainte ou faire une simple déclaration. Toutefois, la première option est la plus conseillée pour la sécurité de la victime.

Les suites judiciaires

En cas d’extrême urgence, le juge aux affaires familiales choisi par la victime ou par le procureur délivre une ordonnance de protection sans attendre l’engagement d’une procédure pénale. Cela peut se faire par référé ou par requête. Cette ordonnance sera prise, si le juge des affaires familiales pense que la situation est grave, après audition des deux parties. Cette mesure permet la fixation de certaines interdictions pour l’agresseur,  la victime de cacher son domicile et de rester auprès de son avocat ou procureur, la prise en charge des enfants avec des règles provisoires pour l’application de l’autorité parentale et l’attribut temporaire d’une aide juridictionnelle.
La validité de cette ordonnance est de 4 mois et elle est renouvelable à la demande de la victime. Le non-respect des règles inscrites là-dessus par l’agresseur est puni par la loi.
Cette ordonnance n’est qu’une mesure d’urgence, la procédure pénale engage entre-temps la poursuite de l’auteur des violences. Il appartient au procureur de la République de le poursuivre suite à un dépôt de plainte ou signalement des faits. Mais avant d’arriver devant le tribunal, l’agresseur aura droit à des sanctions pénales : placement sous contrôle judiciaire, éloignement du domicile conjugal ou détention provisoire. En fonction de la gravité des cas, le procureur peut décider entre engager des poursuites pénales contre l’agresseur, décider d’une alternative aux poursuites pénales ou classer la plainte sans suite en raison du non-respect de la procédure à suivre et de l’insuffisance de preuves. Si les faits sont simples et non-contestés, la victime peut aller directement devant le tribunal correctionnel. Les sanctions peuvent aller d’une simple amende à des peines de prison ferme en fonction de la gravité des actes.

En ce qui concerne l’enfant

Les enfants sont aussi victimes de la violence conjugale. Il appartient donc au juge des affaires familiales d’organiser la nouvelle vie des enfants et le contact entre les parents et l’enfant. L’autorité parentale ne sera pas retirée à l’agresseur mais elle s’effectue en assistance ou avec la présence d’une tierce personne. Cette autorité peut être retirée en cas de meurtre ou de délit sur les membres de la famille sous la décision expresse du jugement pénal. L’assistance sociale prendra en charge l’enfant si la victime n’est pas encore en mesure de s’en occuper ou qu’elle se remet des séquelles causées par la violence. Les femmes victimes de violences conjugales bénéficient, en général, d’une aide pendant toute la procédure. L’auteur de la violence doit aussi écoper d’une amende qu’il versera à sa victime. S’il n’y a pas de mesure prise, la victime peut vivre avec l’agresseur mais elle doit consulter le juge des affaires familiales pour une modalité d’exercice de l’autorité parentale. De nos jours, l’égalité femme-homme laisse encore à désirer. Les comportements machistes des hommes ne devraient plus être d’actualité. De plus, les femmes méritent le même respect que les hommes et vice versa. Cela n’empêche cependant pas que les affaires de violences conjugales restent courantes au niveau des tribunaux. Dommage que dans certains pays, la violence conjugale n’est pas punie par la loi sauf si elle conduit à la mort de la victime.